La dé.remotivation – le sentiment de compétence (1/7)

enfant-triste

mai 27, 2020

 

Travaille ! Allez ! Tu vas t’y mettre ???!!? Pffff… Même pas commencer à travailler et déjà un conflit ?

Dans cette contribution, nous verrons un frein pour commencer une tâche… Euh…

Déjà, nous resterons cohérents avec nos valeurs. En effet, le positif engendre de l’action, alors que du négatif bloque toute initiative. Donc, reformulons…

Voici ce fameux levier (et non frein) de la motivation nécessaire pour commencer un travail : son sentiment de compétences.

Cet article fait partie d’une série de sept thématiques entourant la dé-remotivation. Voici, pour information, la trame générale de ce dossier :

  1. Le sentiment de compétences
  2. La valeur du travail
  3. Le levier cognitif (la connaissance)
  4. Le levier émotionnel
  5. Le levier psychologique (troubles d’apprentissages potentiels)
  6. Le feedback
  7. Le climat social

Développons ce levier qui nous intéresse tout d’abord : son sentiment de compétence. Ici, il s’agit d’établir une vision équilibrée du sentiment de compétences de nos enfants qui sont bloqués (et pas qu’eux) avant de commencer leur travail.

Une notion est primordiale pour cadrer et comprendre notre sujet. Cette notion se nomme la « zone proximale de développement ». C’est la différence entre complexe (motivant) et compliqué (démotivant).

En ce qui concerne la « zone de développement ». Il s’agit, d’une part, de tâches dépassant les compétences du jeunes directement mobilisables, naturellement et sans efforts pourrait-on dire. Il doit donc développer des stratégies, mobiliser des connaissances et/ou créer su savoirs. Cette situation proposera un défi à relever, donc une situation motivante intéressante.

Maintenant, il convient, en ce qui concerne d’autre part la « zone proximale », de veiller à ce que ce défi motive sans décourager. Il ne doit pas paraître trop lointain, il doit sembler suffisamment facile et accessible pour le jeune. Cela se manifestera comme plus proche et donc possible.

Deux extrêmes peuvent s’observer au niveau du sentiment de compétences :

  1. a) le « vilain petit canard »
  2. b) et le « gros poisson dans un petit bocal »
  • D’un côté, en ce qui concerne le « vilain petit canard », l’apprenant.e peut se sentir nul.le, tellement incompétent.e que commencer serait inimaginable. On est hors de sa zone proximale de développement. On se situerait même en zone inconnue paraissant insurmontable et inatteignable.

Parmi les solutions possibles, l’idéal est de morceler, découper la tâche en plusieurs étapes dont la première se rapprochera de ce qui est à la portée du jeune. Du moins dans (l’image de) la réalité qu’il se fait de lui-même et de ses compétences. Pour arriver au premier étage d’une maison, on saute rarement d’un seul bond. Si c’est le cas, les Jeux Olympiques vous attendent… Dans le monde réel, on passe par cet escalier qui nous parait si évident, quand on l’a devant soi. Alors, monter, marche après marche devient possible et accessible. Et bien, c’est le même procédé pour transformer notre « vilain petit canard » en « magnifique cygne »… Faire voir le début du chemin vers la réussite et l’épanouissement.

  • De l’autre côté, en ce qui concerne le « gros poisson dans un petit bocal », l’apprenant.e se sentira tellement en confiance et (sur)compétent.e, qu’il n’y aura aucun enjeu à mobiliser sa grandeur dans une situation si insignifiante, voire dévalorisante. Attention, ce n’est pas forcément de l’arrogance. Il est réellement possible que les compétences soient bien au-delà de ce qui est demandé. La zone proximale de développement n’est pas du tout « développante » à ses yeux.

Une piste de solution est de corser les enjeux en resserrant le temps ou encore en complexifiant les consignes. Et parfois, il faudra jouer sur la valeur de ce qui est demandé (développé dans un autre article) pour mobiliser notre jeune.

Naturellement, il faudra évaluer objectivement si ce sentiment de compétences en « vilain petit canard » ou « gros poisson dans un petit bocal » était justifié ou non. Car, il peut s’agir d’un paravent cachant exactement l’autre cas de figure. Les enfants sont très forts (parfois inconsciemment) au jeu de la psychologie inversée. Un peu comme certains membres de la famille faisant mine de tout casser en faisant la vaisselle (vilain petit canard), alors qu’ils sont des experts dans le domaine. Ils n’ont juste pas envie… Là encore, il ne servira à rien de montrer « l’escalier », les étapes et procédures étapes par étapes (comme pour le petit canard). En revanche, le levier de valeur de ce qui est demandé de l’article suivant pourra nous aider.

Rappelons, pour arriver vers la fin de ce concept, que la motivation n’est pas une formule magique, il s’agit de techniques simples, puissantes et efficaces. L’observation des différents leviers ci-dessus vous permettra d’isoler et d’optimiser ce qui correspond à votre jeune. Ou pas. En effet, la motivation reste malgré tout, du domaine de l’humain, donc complexe et parfois surprenant.

Ce modeste article n’aura pas la prétention d’avoir développé exhaustivement le sujet de la motivation lors de la mise au travail, avant même d’avoir réellement travaillé. Il s’agit de reprendre ce qui convient à votre situation et de l’adapter selon votre réalité.

Bonnes lectures et investigations complémentaires…

Notons, que le suivi de formations spécifiques ou encore l’accompagnement de professionnels (psychologue, coach, médiateur.trice, etc.) vis-à-vis de cette thématique peuvent s’avérer nécessaires. Attention cependant aux incompétents, charlatans et escrocs dans ces domaines aussi importants que sensibles.

Si dès à présent, les aspects abordés deviennent des balises et des critères de réussite dans la gestion adéquate de la motivation avant-même d’avoir commencé, nous aurons atteint un noble objectif.

Par Gregory Manuel RAMIS

Enseignant, psychopédagogue, coach et conférencier

 

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