La dé.remotivation scolaire 4- 7 : le levier émotionnel

décembre 7, 2020

Je ne te sens pas ouvert.e, ni disponible pour travailler… Pourtant, tu as tout vu à l’école quand-même !

Dans cette contribution, nous verrons un frein pour commencer une tâche…

Déjà, nous resterons cohérents avec nos valeurs. En effet, le positif engendre de l’action, alors que du négatif bloque toute initiative. Donc, reformulons…

Voici ce fameux levier (et non frein) de la motivation nécessaire pour commencer un travail : ses émotions.

Cet article fait partie d’une série de sept thématiques entourant la dé-remotivation. Voici, pour information, la trame générale de ce dossier :

  1. Le sentiment de compétences
  2. La valeur du travail
  3. Le levier cognitif (la connaissance)
  4. Le levier émotionnel
  5. Le levier psychologique (troubles d’apprentissages potentiels)
  6. Le feedback
  7. Le climat social

 

Si le levier cognitif n’est pas suffisant, alors il convient de vérifier ce qui est possible (ou nécessaire) de faire au prochain niveau, l’émotionnel.

Rappelons que différentes classifications des émotions existent. Pour faire simple, sans être simpliste, nous en mettrons en évidence quatre :

  1. La peur du futur
  2. La tristesse du passé
  3. La colère du présent
  4. Et la joie

Vous aurez remarqué que chaque émotion est reliée au temps, excepté la joie. Ceci s’explique par la nature même de ce sentiment. La joie se vit lors de la bonne gestion des trois autres émotions. Il est important de savoir que ressentir des émotions est naturel, sain et nécessaire à notre cerveau et notre corps. Tout ceci est développé dans d’autres articles traitant spécifiquement ces sujets.

  • La peur devra se gérer à travers trois étapes : la factualisation (du flou aux faits) ; l’acceptation (de victime à spectateur) et l’action (de la réactivité à la proactivité). Si, par exemple, la peur de la punition en cas de mauvais résultats est trop forte et submerge l’enfant, impossible d’avancer dans la lecture d’un texte historique.

 

  • La tristesse se gérera à travers quatre stades interdépendants : l’introspection ; l’acceptation ; la gratification et la mise en projet. Si, par exemple, un événement douloureux telles une dispute avec l’ami.e intime ou la disparition du chat survient, impossible d’avancer sur un calcul.

 

  • La gestion de la colère devra s’appuyer, quant à elle, sur : l’introspection ; l’expression assertive ; le lâcher prise et la mise en projet. Si, par exemple, une dispute éclate avec un membre de la fratrie et que le salon devient un ring, impossible d’avancer sur un schéma scientifique.

 

  • Et la joie devra également se gérer, et oui ! Car, ci par exemple, le match de foot gagné était si important et occupait une place si grande dans les événements constructeurs, impossible d’avancer sur une phrase à analyser.

 

Un autre élément impactant les émotions et en étant la conséquence directe mérite toute notre attention. Nous faisons référence à la personnalité de ce ou cette jeune. Plus précisément, quels sont ses refuges et ses fonctionnements comportementaux prédominants ? C’est-à-dire, quels sont ses émotions qui s’exprimeront prioritairement lors d’événements qui pourraient tantôt paraître anodins, tantôt fortement touchants ? Ces réactions émotionnelles sont propres à chacun.e et nous rendent tous singuliers, particuliers et différents des autres.

Pour approcher ces aspects, différents outils existent. Nous pensons, de manière non limitative à diverses approches comportementales telles que :

  • MBTI (test psychologique permettant de mieux connaître sa personnalité parmi 16 types),
  • chapeaux de Bono (méthode de résolution de conflits et de management personnel ou de groupe avec 6 phases distinctes),
  • ennéagramme (modèle de la personnalité comportementale avec neuf configurations différentes),

Précisons qu’il s’agit de profils modulables, modifiables dans certains cas et pas du tout d’étiquettes figées. L’objectif ne consiste pas de stigmatiser ni d’enfermer quelqu’un dans une « case ». Bien évidemment, aucune personnalité, aucune phase, aucune configuration, etc. n’est meilleure ni moins bonne que les autres. Ce type d’outil permet de comprendre et d’agir en totale cohérence avec les émotions selon les un.es ou les autres, sans jugement de valeurs.

 

Ce modeste article n’aura pas la prétention d’avoir développé exhaustivement le sujet de la motivation en plein travail. Il s’agit de reprendre ce qui convient à votre situation et de l’adapter selon votre réalité.

Bonnes lectures et investigations complémentaires…

Notons, que le suivi de formations spécifiques ou encore l’accompagnement de professionnels (psychologue, coach, médiateur.trice, etc.) vis-à-vis de cette thématique peuvent s’avérer nécessaires. Attention cependant aux incompétents, charlatans et escrocs dans ces domaines aussi importants que sensibles.

 

Si dès à présent, les aspects abordés deviennent des balises et des critères de réussite dans la gestion adéquate de la motivation au milieu d’un travail, nous aurons atteint un noble objectif.

 

Par Gregory Manuel RAMIS

Enseignant, psychopédagogue, coach et conférencier

 

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