La dé.remotivation 2-7 : la valeur du travail

visuo

juillet 2, 2020

Tu sais que tu en es capable… Pourquoi tu ne t’y mets pas ???!!?

Dans cette contribution, nous verrons un frein pour commencer une action…

Déjà, nous resterons cohérents avec nos valeurs. En effet, le positif engendre de l’action, alors que du négatif bloque toute initiative. Donc, reformulons…

Voici ce fameux levier (et non frein) de la motivation nécessaire pour commencer un travail : la valeur attribuée au travail demandé.

Cet article fait partie d’une série de sept thématiques entourant la dé-remotivation. Voici, pour information, la trame générale de ce dossier :

  1. Le sentiment de compétences
  2. La valeur du travail
  3. Le levier cognitif (la connaissance)
  4. Le levier émotionnel
  5. Le levier psychologique (troubles d’apprentissages potentiels)
  6. Le feedback
  7. Le climat social

 

Nous voici au développement de notre second levier motivationnel : la valeur de l’action projetée, demandée. Il nous faudra décliner ce levier en quatre points différents et complémentaires :

  1. « la valeur extrinsèque » ;
  2. « la valeur intrinsèque » ;
  3. « l’importance »
  4. et « le coût ».

 

  • « La valeur extrinsèque » comporte le moins d’intérêt, alors que paradoxalement, c’est souvent le levier employé d’emblée. C’est ici que l’on fera le chantage de travailler pour Madame, Monsieur, Maman ou Papa. Et c’est bien triste en réalité d’inculquer cette dépendance et ce besoin de désirabilité scolaire. Donc, à éviter ! Pour sortir de ce cercle de dépendance (voire chantage affectif), le dialogue avec le jeune permettra de faire ressortir les points qui suivent : la valeur intrinsèque, l’importance et le coût liés à ce travail.

 

  • « La valeur intrinsèque » consiste à (faire) voir ce que la tâche apportera au jeune, son apport évolutif, cette pierre à une œuvre plus élevée, cette marche à l’escalier de sa propre vie et de ses objectifs personnels… Cette posture n’est pas nombriliste ni égoïste. Loin de là. Il s’agit d’une posture permettant de percevoir un développement de potentiel à travers ce qui est demandé. Donc, la motivation jaillit telle une source d’eau vive.

 

  • « L’importance », quant à elle, apportera un éclairage sur la place de la tâche demandée dans un cadre plus large. Plutôt que de la limiter à un objectif final, on pourra considérer cette action à entreprendre comme un moyen ouvrant d’autres possibles ou comme une étape indispensable à d’autres desseins davantage motivants. Ou tout simplement, on peut se rendre compte que ce qui est demandé est vraiment important, donc motivant.

 

  • « Le coût », bien qu’important, constitue bien souvent le grand oublié de l’effort motivationnel. En conséquence, nous allons attirer votre attention sur ce levier qui sera, cette fois-ci, un frein herculéen pour bon nombre de nos jeunes. Le coût n’est pas ce qui se paie en euros, mais bien ce qui se paie en temps, en sacrifices de jeux, etc. Mais il y a pire… ce qui coûte en honte, en moqueries, en brimades, etc. Tout ce qui impactera considérablement son estime de soi. Si le ou la jeune se dit que débuter le travail le ou la conduira dans une situation dans laquelle le prof le ou la rabaissera, ses camarades se moqueront de lui ou d’elle, un parent le ou la punira pour des résultats en dessous de ce qui est « acceptable », etc. ou encore qu’il ou elle n’est pas si doué.e que ça finalement… Pourquoi débuter ? Pourquoi se montrer motivé.e en se retrouvant alors face au miroir du déshonneur ou face à des répercutions ? Voilà un enjeu qui préoccupe nos jeunes au point qu’ils ne peuvent s’en rendre compte directement.

 

Nous sommes fréquemment dans le domaine du refuge de l’inconscient. Dans ce cas-là, un affairement scrupuleux sur nos relations familiales s’impose avant même d’espérer amorcer le travail motivationnel. Nous faisons référence à un autre article reprenant cinq clés pour optimiser nos relations : la communication ; la compréhension ; la cohérence ; la confiance et les câlins.

Ces éléments peuvent s’observer tant sur le fond de ce qui est demandé que sur la forme. Par exemple, le fait de travailler sur un ordinateur, supports audios/vidéos ou applications éducatives pourra solutionner le déficit motivationnel rencontré par un travail « papier-crayon » traditionnel. Ceci sans pour autant reléguer aux oubliettes ce fameux papier-crayon disposant d’apports neuronaux significatifs et intéressants au développement complet (cognitif, psychomoteur, etc.) de nos jeunes.

Rappelons, pour arriver vers la fin de ce modeste article, que la motivation n’est pas une formule magique, il s’agit de techniques simples, puissantes et efficaces. L’observation des différents leviers ci-dessus vous permettra d’isoler et d’optimiser ce qui correspond à votre jeune. Ou pas. En effet, la motivation reste malgré tout, du domaine de l’humain, donc complexe et parfois surprenant.

Aussi, il est possible que l’analyse de la tâche demandée, à la lumière des leviers abordés, ne soit tout simplement et réellement pas motivante. L’admettre est déjà la fin du problème et envisager une autre tâche vraiment motivante l’amorce d’une solution. L’obstination est une qualité quand elle ne devient pas de l’entêtement. Ceci se confirme lorsqu’un parent arrive à lâcher prise et entrer en phase avec son enfant, son jeune. Ce n’est pas abandonner en tant qu’adulte, il s’agit d’être sage et cohérent dans la relation éducative, positive et constructive en jeu.

 

Ce modeste article n’aura pas la prétention d’avoir développé exhaustivement le sujet de la motivation lors de la mise au travail, avant même d’avoir réellement travaillé. Il s’agit de reprendre ce qui convient à votre situation et de l’adapter selon votre réalité.

Bonnes lectures et investigations complémentaires…

Notons, que le suivi de formations spécifiques ou encore l’accompagnement de professionnels (psychologue, coach, médiateur.trice, etc.) vis-à-vis de cette thématique peuvent s’avérer nécessaires. Attention cependant aux incompétents, charlatans et escrocs dans ces domaines aussi importants que sensibles.

Si dès à présent, les aspects abordés deviennent des balises et des critères de réussite dans la gestion adéquate de la motivation avant-même d’avoir commencé, nous aurons atteint un noble objectif.

 

Par Gregory Manuel RAMIS

Enseignant, psychopédagogue, coach et conférencier

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