La dictature de la babycratie de Bruno Humbeeck

Dictature

mai 27, 2020

 

Bruno Humbeeck est un psychopédagogue belge. Il a écrit plusieurs ouvrages notamment sur le harcèlement scolaire, les cours de récréation ainsi que des contes pour enfants. Il est également conférencier. Il gère aussi un site internet sur la résilience (https://www.outilsderesilience.eu/). Il reçoit également des patients dans sa clinique (clinique de la résilience). Dans ce livre, il aborde la problématique de la (trop grande) place prise par les désirs et les émotions de l’enfant (voir adolescent) dans la structure familiale et dans la société en générale. C’est ce qu’il appelle une babycratie. Il remet notamment en cause les nouvelles pédagogies dites “positives” (Montessori, Céline Alvarez entre autres). L’auteur préconise plutôt une démocratie émotionnelle participative où les émotions de tous les membres de la famille se trouveraient sur un pied d’égalité.

Le sujet est intéressant sur le fond. Par contre, j’ai eu beaucoup de mal avec ma lecture sur la forme. Le livre est presque entièrement écrit sur le ton du sarcasme. L’ouvrage est relativement long à lire avec beaucoup de redites. Je n’ai pas réussi à entrevoir le fil conducteur. De plus, l’auteur reproche, souvent à raison selon moi, le manque de base scientifique des pédagogies positives mais je n’ai pas non plus retrouvé cette rigueur dans son livre.

Dans la première partie, il reprend notamment des exemples de cas qu’il a traités dans son cabinet (problèmes familiaux principalement entre un adolescent et ses parents) : certains de ces exemples m’ont semblé “exagérés” et donc non représentatifs. Bruno Humbeeck laisse penser que la majorité des familles n’ont pas de téléviseur chez eux pour des raisons d’éducation et interdisent à leurs ados les jeux vidéos. Alors que cela représente, selon moi, l’exception et  non la règle. Pour l’exemple : il préconise notamment des “thérapies” à base de visionnage de bob l’éponge et walking dead ainsi que des séances de Fortnite. Je peux comprendre ce genre d’approche dans des cas extrêmes mais je ne vois pas ce que ce genre d’exemples fait dans un livre plutôt généraliste.

Dans la seconde partie, il critique la pédagogie Montessori notamment et Céline Alvarez (les lois naturelles de l’enfant). La critique des paroles et écrits de Montessori est relativement détaillée alors que c’est surtout le produit marketing estampillé Montessori qui me semble poser problème aujourd’hui. Il remet en cause la scientificité (à juste titre) du travail d’Alvarez.

Je ne recommande pas particulièrement cette lecture. Sur le sujet, je trouve Didier Pleu (de l’enfant roi à l’enfant tyran) beaucoup plus structuré. Bruno Humbeeck semble faire de la pédagogie positive la cause de nombreux problèmes de société (niveau de l’école, parents dépassés) alors que, selon moi, le lien de causalité est inverse. La pédagogie positive ainsi que les écoles privées “Montessori” se développent notamment à cause des problèmes scolaires.

 

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